Créez votre compte pour suivre ce module
La création du compte est gratuite. Elle débloque les modules 2 à 9, les quiz, le dépôt de vos exercices et le suivi de votre progression jusqu'au badge.
Plus l’erreur coûte cher, plus le contrôle est explicite
Tous les usages ne se contrôlent pas de la même façon. Trois exemples, du moins grave au plus grave :
- reformuler un texte : une erreur se voit à la relecture et coûte presque rien ;
- synthétiser un CCTP : une erreur peut orienter une réponse à un marché, on contrôle par sondage sur les points clés ;
- produire une fiche qui lance une fabrication : une erreur coûte du bois, du temps et un client, on contrôle chaque donnée.
La règle est simple : plus la conséquence d’une erreur est lourde, plus le contrôle doit être explicite et organisé. On vérifie systématiquement les données qui déclenchent une fabrication, un achat, un prix, un délai ou un engagement.
Activité interactive : elle s’affiche avec JavaScript activé.
Quatre habitudes de contrôle
- Conserver la source. Chaque information de la sortie doit permettre de revenir au document d’origine.
- Faire apparaître les incertitudes. Demandez à l’outil de signaler les informations manquantes et les ambiguïtés. Une mention « information absente » est une alerte utile, pas un défaut.
- Tester avant de généraliser. Toute modification du prototype se teste sur plusieurs exemples avant d’être adoptée.
- Garder une personne responsable. Le professionnel reste responsable de ce qu’il signe : un calcul, un plan, une fiche, un devis. L’IA ne porte pas la responsabilité.
Données et confidentialité : quatre questions avant de déposer un document
Avant de confier un document à un outil, posez-vous quatre questions :
- Ai-je le droit d’utiliser ce document dans cet outil ?
- Contient-il des données personnelles, commerciales ou confidentielles ?
- Ai-je vérifié les paramètres et les conditions d’utilisation du service ?
- Puis-je l’anonymiser, ou le réduire au strict nécessaire ?
Le principe qui guide les quatre : minimiser les données envoyées et vérifier le cadre d’usage.
Pour anonymiser un document client, remplacez les noms par des variables génériques (client X1, chantier X2), retirez les prix et coordonnées inutiles à la tâche. Un devis réduit aux lignes de produits suffit souvent pour une fiche de production.
Les contrats et les documents de vos clients peuvent comporter des clauses de confidentialité. En cas de doute, demandez avant de déposer.
Activité interactive : elle s’affiche avec JavaScript activé.
Où vont vos données
Voici le circuit, simplifié :
- le document et votre consigne partent de votre poste, par une connexion chiffrée ;
- ils sont traités sur les serveurs du fournisseur ;
- la réponse revient sur votre écran.
Pendant l’usage, le modèle est figé : il n’apprend rien de votre conversation en direct. L’entraînement des modèles est une opération distincte, faite plus tard, sur des lots de données. L’outil, lui, peut conserver des choses sur votre compte.
Quatre points sont à vérifier sur votre propre compte :
- la réponse : elle vous est toujours renvoyée, c’est le service ;
- l’historique : il est conservé selon les réglages du compte, et une conversation temporaire est effacée plus tôt ;
- la mémoire : si elle est activée, l’outil retient des éléments d’une conversation à l’autre (votre métier, vos clients, vos habitudes). Regardez ce qu’elle contient et désactivez-la ou videz-la si besoin ;
- l’entraînement : selon les fournisseurs, les offres professionnelles n’utilisent en général pas vos données par défaut, alors que les offres individuelles proposent souvent une option à vérifier et à désactiver si besoin.
« Pas d’entraînement » ne veut pas dire « pas de conservation ». Les quatre questions restent valables. Les conditions évoluent : relisez-les à la date de votre décision, sur les pages officielles du fournisseur.
L’AI Act, côté utilisateur
Le règlement européen sur l’IA (règlement UE 2024/1689, appelé AI Act) classe les usages selon leur niveau de risque : interdit, haut risque, transparence, risque minimal. La grande majorité des usages internes d’une PME relève du risque minimal.
Trois points concernent une entreprise qui utilise l’IA, d’après les sources officielles à la date de rédaction de ce module :
- la maîtrise de l’IA (article 4) : une entreprise qui utilise l’IA doit prendre des mesures pour développer la maîtrise de l’IA de ses équipes. C’est une obligation de moyens, recalibrée en 2026 par l’« omnibus numérique » : on ne vous demande pas de garantir un niveau individuel, mais de pouvoir montrer ce que vous avez mis en place. Ce parcours, votre charte et vos règles écrites en font partie ;
- la transparence (article 50) : les obligations pèsent surtout sur les éditeurs des outils (indiquer qu’on parle à une IA, marquer les contenus générés). Pour vous, utilisateur, elles visent principalement les hypertrucages (images, sons ou vidéos imitant le réel) et les textes publiés pour informer le public sur des sujets d’intérêt général, sauf s’ils ont été relus sous une responsabilité éditoriale humaine. Un mail client relu et assumé par vous n’est en principe pas concerné. Le dire reste une bonne pratique de confiance ;
- les pratiques interdites (article 5) : elles ne concernent pas un usage comme la préparation d’une fiche de production.
Un usage interne comme le passage du devis à la fiche de production est à risque minimal. Le jour où l’IA touche au recrutement ou à l’évaluation de vos salariés, vous changez de niveau et de règles : les obligations sont alors beaucoup plus lourdes.
Les dates d’application et les textes évoluent. Vérifiez le calendrier à jour sur les sites officiels de la Commission européenne et de la CNIL, ou auprès d’un conseil juridique pour un cas précis. Ce module vous donne des repères, pas un avis juridique.
La charte IA en cinq règles
Une charte efficace est courte, comprise et applicable dès demain. Cinq règles suffisent :
- Ce que nous autorisons à faire avec l’IA.
- Ce que nous ne transmettons pas sans vérification préalable.
- Ce qui doit toujours être contrôlé par une personne.
- Comment nous signalons une information incertaine ou manquante.
- Comment nous conservons et améliorons les usages qui fonctionnent.
Exemple de règle 3 pour la Menuiserie des Landes : « Toute fiche qui lance une fabrication est relue par le chef de production avant lancement, avec le devis d’origine sous les yeux. »
Rédigez-la avec vos mots, pas avec ceux d’un juriste. Nommez une personne responsable de la charte et une date de revue. Une charte que personne ne relit est vite obsolète.
Exercice
Durée : 25 minutes. Livrable : la charte IA de votre entreprise en cinq règles, avec vos mots.
- Placez sur un axe « conséquence d’une erreur » trois tâches réelles de votre entreprise, de la moins grave à la plus grave. Notez le niveau de contrôle adapté pour chacune.
- Prenez le document de votre cas fil rouge et répondez aux quatre questions de confidentialité. Décidez : on le dépose tel quel, anonymisé, ou pas du tout.
- Vérifiez dans les réglages de votre outil ce qui est conservé, si la mémoire est activée et ce qu’elle contient, et si l’amélioration des modèles par vos données est activée. Notez ce que vous avez constaté.
- Rédigez les cinq règles de la charte, une à deux phrases par règle, en vous servant des étapes 1 à 3.
- Relisez : est-elle courte, comprise, applicable ? Faites-la lire à un collègue et corrigez ce qui l’a fait hésiter.
- Nommez la personne responsable de la charte et fixez une date de revue.
Cette charte est la première des deux preuves de la compétence « utiliser l’IA de façon responsable » (la seconde est l’autodiagnostic du module 8). Passez ensuite au quiz, seuil de réussite 60 %.
Déposer mon exercice
Gardez une trace de votre travail : il alimentera votre projet final. Fichier, lien ou simple commentaire.
Quiz du module
Connectez-vous pour répondre au quiz.