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Le niveau d’autonomie se choisit
Il existe trois niveaux de travail avec l’IA :
- la conversation, où l’on demande une réponse à partir d’un contexte ;
- le travail sur fichiers, où l’IA lit, transforme et produit des contenus à partir de documents ;
- l’agent, à qui l’on confie un objectif, des ressources et des règles, et qui peut enchaîner plusieurs opérations.
On monte d’un cran seulement si la tâche l’exige. Plus on confie d’autonomie, plus il faut de règles et de contrôle.
Une procédure réutilisable est une consigne métier enregistrée dans l’outil : elle se rejoue et se partage. Selon l’outil, elle porte un autre nom (instructions personnalisées, assistant, agent, workflow, ou « skill » en anglais). Le principe reste le même : votre procédure est rangée, et quelqu’un d’autre peut la relancer.
Les six boucles de prototypage
Un prototype se construit par cycles courts : test, erreur, règle, nouveau test. Six boucles le structurent.
- Donner un exemple réel. Un vrai document, anonymisé.
- Décrire la sortie attendue, champ par champ.
- Faire produire une première version, vite. On l’appelle V0.
- Comparer la V0 à la sortie attendue.
- Transformer chaque erreur en règle ou en contrôle.
- Retester sur un nouvel exemple.
La boucle 5 est celle où votre savoir-faire entre dans l’outil. L’IA propose une structure, vous apportez ce que vous seul savez : qu’un « DOU » désigne du douglas chez vous, qu’une longueur de 4,00 m est toujours une longueur commerciale, qu’une ligne « idem ci-dessus » reprend l’essence de la ligne précédente.
Le prompt métier
Le prompt métier est la grille E-T-S-C rendue exécutable. Il se compose de six blocs.
| Bloc | Rôle | D’où il vient |
|---|---|---|
| Rôle | Qui est l’assistant, pour qui il travaille | Contexte du module 2 |
| Mission | Ce qu’il doit produire | Transformation (T) |
| Sources | Les seuls documents à utiliser | Entrée (E) |
| Règles | Ce qu’il fait et ne fait pas | Contraintes du module 2 |
| Sortie | Champs attendus, dans l’ordre | Sortie (S) |
| Contrôle | Les points à vérifier avant usage | Contrôle (C) |
Exemple abrégé pour le cas devis, avec l’entreprise fictive Menuiserie des Landes :
- Rôle : « Tu assistes la préparation de production de la Menuiserie des Landes. »
- Mission : « À partir d’un devis, produire une fiche de production. »
- Sources : « Utilise uniquement les documents fournis. »
- Règles : « N’invente aucune donnée. Signale les absences et les ambiguïtés. Ne reprends aucun prix. »
- Sortie : liste des champs et leur ordre, selon le gabarit.
- Contrôle : « Ajoute une section points à vérifier avant lancement. »
Rien de nouveau dans la grammaire : quatre blocs viennent de la grille du cas, deux des leviers du module 2. Ce qui change, c’est que la consigne devient un texte que l’on relit, que l’on corrige et que l’on date, comme une procédure. Règles et Contrôle s’enrichissent à chaque boucle.
Ce que l’outil ne peut pas deviner
Votre vocabulaire, vos exceptions, vos critères de qualité. L’entreprise apporte la connaissance métier, l’outil propose une structure et des contrôles, la personne qui valide reste responsable du résultat.
Faites l’inventaire en trois colonnes :
- Vocabulaire : abréviations maison, noms d’essences, façon de noter les sections ;
- Exceptions : cas où la règle habituelle ne s’applique pas (bois vert, livraison séparée, traitement sur un seul repère) ;
- Critères de qualité : ce qui fait qu’une fiche est « bonne » pour le chef de production.
Chaque ligne de ce tableau devient une règle du prompt, ou un document de référence rangé dans le projet.
Le test décisif sur un document jamais vu
Un prototype qui réussit sur le document avec lequel on l’a construit ne prouve rien : il a été ajusté dessus. Le vrai test se fait sur un second document, représentatif mais différent.
Procédure :
- choisissez un second document ;
- lancez le prototype sans toucher aux règles ;
- mesurez : champs corrects, erreurs, informations manquantes, temps gagné (estimé, sans en faire une vérité) ;
- classez chaque écart : règle manquante (on peut l’écrire), donnée absente (le document ne la contient pas), cas particulier (une exception rare), erreur de l’IA (elle a mal lu ou inventé) ;
- décidez : utilisable, à améliorer ou à re-spécifier.
Pour le cas devis, le devis court DEV-2026-0455 contient un piège volontaire : la ligne « idem essence ci-dessus ». L’outil doit reprendre l’essence de la ligne précédente, ou la signaler. Voyez ce qu’il fait, sans l’aider.
Choisir « à re-spécifier » est une réponse légitime : si les écarts viennent d’un cadrage trop flou, retournez au module 4 ou 5.
Le journal des corrections
Chaque correction s’écrit sur une ligne : erreur, cause, règle ajoutée, date.
Quand une même correction revient deux fois, elle devient une règle permanente, et le document concerné devient un cas de test à rejouer à chaque modification. Ce journal est la première brique de votre harnais : il capitalise le savoir-faire et il se transporte d’un outil à l’autre.
Le harnais : ce qui reste quand on change de modèle
Le modèle est un intérimaire brillant qui arrive sans rien connaître de votre atelier. Tout ce que vous mettez autour de lui pour qu’il travaille comme un ancien constitue le harnais :
- les règles (vos cinq règles d’usage, vos règles de cas) ;
- le savoir-faire (le prompt métier, les modes opératoires) ;
- les gabarits (formats de sortie) ;
- les outils (accès au logiciel de gestion, plus tard) ;
- le contrôle qualité (critères d’acceptation, cas de test) ;
- la validation par une personne responsable.
Après ce module, vous avez déjà : un prompt (savoir-faire), des critères (contrôle qualité), un devis jamais vu (premier cas de test), un gabarit, un journal. Il manque les outils et le processus complet, qui viennent après deux ou trois cas fiables.
Rangez ces éléments dans un dossier de simples fichiers texte, indépendant du fournisseur. Chaque document a un propriétaire métier, par exemple le chef de production pour la fiche.
Exercice
Durée : 1 h 30 à 2 h, en une ou deux fois. Livrable : votre prompt métier (version courante), votre tableau de test et votre décision.
- Écrivez votre prompt métier en six blocs à partir de la fiche E-T-S-C et de la demande C.
- Lancez-le sur le document de référence (boucle 3) et comparez à la sortie attendue (boucle 4). Pour le cas devis, comparez à la fiche remplie à la main d’après le devis DEV-2026-0412.
- Pour chaque écart, écrivez une ligne du journal : erreur, cause, règle ajoutée. Ajoutez la règle au prompt.
- Relancez jusqu’à ce que le résultat vous satisfasse sur ce premier document.
- Choisissez un second document que le prototype n’a jamais vu. Pour le cas devis, utilisez le devis DEV-2026-0455. Pour un autre cas, prenez un document réel différent.
- Lancez le prompt sans le modifier. Remplissez le tableau : champs corrects, erreurs, informations manquantes, temps gagné estimé, nature de chaque écart.
- Décidez : utilisable, à améliorer, ou à re-spécifier. Justifiez en deux lignes.
Après votre propre test, entraînez-vous à classer des écarts sur le devis court :
Activité interactive : elle s’affiche avec JavaScript activé.
Ce prompt et ce tableau sont la preuve de la compétence « construire et tester un prototype réutilisable ». Passez ensuite au quiz, seuil de réussite 60 %.
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